Et si l'on parlait de l'invisibilité en entreprise ?

Et si l'on parlait de l'invisibilité en entreprise ?

Mercredi, Mai 20, 2026

Et si l’on parlait de l’invisibilité ?

En entreprise, l’invisibilité est un impensé.

On m’en parle pourtant très souvent chez Second Act.

L’invisibilité commence quand le rôle social cesse d’être visible dans l’organisation.

Du jour au lendemain, des managers cross-fonctionnels souvent de haut-niveau se retrouvent souvent dans un “entre-statut” qui les efface opérationnellement. Dans certaines entreprises les fonctions supports sont invisibilisées.

Côté cadre on souffre d’être à peine vus sans être reconnus. On garde un sentiment de superflu. On vit au quotidien, la blessure de ne pas être écouté et plus encore, sollicité. Attendre la reconnaissance quand elle ne vient pas est une douleur et un épuisement silencieux.

En cabinet de coaching on explorera, bien sûr, les sources de validation externes, le regard du groupe, la valeur des pairs. On regardera en face le sentiment d’utilité.

Mais côté entreprise il sera nécessaire d’examiner ce que les récits, le “lore” (les puissantes coutumes non-dites) valorise. Mais aussi de questionner la dignité. Les Fonctions "Stars" et les autres.

La dignité précède souvent la visibilité. Il s'agira de se demander où, comment, et par quels mécanismes l’entreprise indique clairement que la valeur d’un de ses membres décroît.

On ne peut pas interroger le désengagement et le sabotage passif sans comprendre comment on produit de l’invisibilité. Car derrière les symptômes apparents des organisations dysfonctionnelles, se cache l’invisibilité. Le problème c’est qu’elle n’a jamais, jamais demandé à se cacher. Et dans certaines entreprises, le problème le plus visible est celui de l’invisibilité.

Patrick Kervern

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