Le temps du “In Between” fait peur à beaucoup de monde. C’est le temps entre deux phases de vie ou deux jobs. Parfois entre deux amours.
C’est ce que mon maître et grand inspirateur de Second Act, le spécialiste des transitions William Bridges appelait la “Zone neutre”.
C’est aussi ce que nos parents mono-carrière appelaient la traversée du désert et que les poètes appellent l’espace liminal, celui où tout arrive, car pour la première fois on permet à ce “tout” d’arriver.
Ce que je peux vous dire pour avoir accompagné beaucoup de gens qui le traversent c’est que ce passage est en fait une zone d’une fertilité incroyable. C’est là que se déposent les questions, émergent les insights les plus précieux d’une vie.
C'est là que naissent les idées nouvelles et les rencontres les plus serendipiditesques.
Alors oui, cela demande du courage, de la patience et de l’audace mais celui qui s’aventure avec curiosité dans ce fameux “In Between” en ressort changé et plus éclairé.
Bien sûr, comme le dit l’un de mes essayistes préférés, beaucoup de gens préfèrent rester une chenille commune plutôt que prendre le risque devenir papillon.
Mais la vérité du “In Between” c’est qu’il ravive l’imagination. Qu’il tangue parce qu’il vit. L’autre vérité du “In Between” est que c’est l’un des rares rites de passage qui nous restent.
Celui qui fait advenir.
Patrick Kervern