“Après 15 ans dans la Tech/Le conseil/La finance j’avais envie de changer de peau...” C’est une phrase qui revient fréquemment en deuxième partie de vie et dans mon Cabinet Second Act.
Comme souvent les premières demandes en coaching contiennent des termes incroyablement fertiles.
C’est précisément le cas du désir de changer de peau ?
Pourquoi, car l’usage du terme est lourd de sens ? Pourquoi pas changer de masque ou changer d’armure ?
Un masque s’enlève, une armure se pose... Mais une peau ?
L’usage même du terme révèle à quel point votre job est devenu votre identité et à quel point il va être difficile de se débarrasser d’une identité aussi engrammée.
Or on sait que plus le chèque est élevé, plus le masque doit coller à la peau. C’est un phénomène dont on ne parle pas assez et c'est le grand braquage de l'être par l'avoir.
Certains animaux changent de carapace, mais aucun humain ne change de peau ?
Changer de peau est donc un terme à questionner (poke n°2 à la célèbre Ana Pușcă ). Et souvent, ce que l’usage de cette formule révèle c’est des mécanismes de compensations beaucoup plus profonds.
Il amène souvent à interroger quel besoin, manque, désir... L’usage de peau est venu combler.
Et plus précisément, quel trou (et énergie psychique) la peau est venue recouvrir.
La question qui se pose ensuite amène aussi au bord de nouvelles révélations : "qui suis-je sans cette identité acquise que j’ai fini par appeler peau ?".
Ce n’est qu’au prix de conversations magnifiques et incroyablement fertiles que la peau se transforme en masque (retirable), ou en armure (que l’on accepte un jour de mettre de côté).
C’est après ce travail que la carapace accepte d’être abandonnée.
Car la vérité de la seconde partie de vie, c’est qu’on ne change pas de peau, mais qu'on peut habiter un regard neuf.
Patrick Kervern